Un germe cristallin qui croît suffisamment lentement aura comme forme la surface d'énergie minimale : cette surface minimale, contrairement aux liquides et aux matériaux isotropes, n'est pas une sphère dans les cristaux.
Pour trouver cette surface, on utilise la construction de Wulff : on trace la courbe
en coordonnées polaires, et la forme d'équilibre s'en déduit (à un facteur homothétique près) en traçant l'enveloppe des normales au rayon vecteur de
(cette courbe est appelée la podaine).
Le dessin ci-contre représente la construction pour plusieurs angles
. La podaine apparaît en tirets, elle est l'enveloppe des normales au rayon vecteur (en pointillés).
On part de la courbe
, et on en trace la podaine. On cherche à montrer que celle-ci est la surface d'équilibre, la pression de Laplace y est donc constante. Cela signifie qu'on doit donc avoir :
![]() |
(9.11) |
Considérons un point
de la podaine : c'est la normale au rayon vecteur en un point
de la courbe qui est tangente à la podaine en
. L'orientation de la surface en
est donc
. Il nous faut donc exprimer
et
en
, et le rayon de courbure
de la podaine en
.
On note
et
les coordonnées polaires du point
. Notons également
l'abscisse curviligne le long de la podaine. Les vecteurs unitaires dans la base polaire sont notés
et
en
, et de même en
.
Le rayon de courbure en
s'écrit :
![]() |
(9.12) |
où l'on a :
| (9.13) |
et par conséquent :
![]() |
(9.14) |
Il nous faut donc exprimer
et
en fonction de
,
et
. Commençons par
. Il est égal à :
![]() |
(9.15) |
expression que l'on peut dériver :
Or, la droite
étant tangente à la podaine en
, le vecteur
de la variation de
sur la courbe est parallèle à
:
ce qui permet de simplifier l'expression 9.16 :
| (9.18) |
On peut alors écrire :
| (9.19) | |||
![]() |
(9.20) |
Reste alors à calculer
. L'équation 9.17 nous donne :
![]() |
(9.21) |
et on en déduit :
![]() |
(9.22) |
Ainsi, le rayon de courbure en
vaut :
![]() |
(9.23) |
ce qui signifie que :
![]() |
(9.24) |
Ainsi, par homothétie à partir de cette courbe, on obtient la forme du cristal à l'équilibre thermodynamique, donc celle qu'il acquiert lors de sa croissance, connaissant les variations de la tension de surface
.
Josselin Mouette