Rappelons l'expression de la tension de surface (équation 2.1) :
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(9.5) |
cette expression se calculant à déformation constante, c'est-à-dire sans modification, par exemple, des paramètres cristallins.
Si, en partant d'une surface à déformation nulle, on augmente la surface, il faut attendre un temps extrêmement long pour que la diffusion ait relaxé les contraintes que cette déformation fait apparaître. Cette expression de
soit donc être calculée en déplaçant imaginairement des atomes, et non en déformant le solide.
Considérons un élément de surface solide
. Il est soumis, latéralement, aux forces de tension superficielle
. Mais, si on le fait tourner, à
constant, d'un angle
, il subit une variation d'énergie libre :
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(9.6) |
Cette variation d'énergie libre correspond forcément au travail
reçu d'un couple de forces
s'exerçant sur l'élément de surface. Ce travail s'écrit :
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(9.7) |
et son égalité avec
nous donne :
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(9.8) |
Cette force est donc une force linéique qui s'exerce le long de la ligne de contact telle la tension de surface, mais elle est dirigée orthogonalement à la surface. Sa valeur est
, et son origine est chimique : elle correspond à une tendance à orienter la surface le plus près possible des plans cristallins de bas indice de Miller.
Considérons un élément de surface solide courbé. En projection sur la normale
à la surface, la force subie par cet élément de surface est :
| (9.9) | |||
À l'équilibre, cette force est compensée par les forces de pression, dont la projection suivant
vaut
. La loi de Laplace s'écrit donc dans un solide :
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(9.10) |
Il faut prendre garde au fait que
est la dérivée seconde de
dans la direction de la courbure. Dans le cas général, la surface est courbée dans les deux directions, et il faut alors définir deux dérivées secondes.
Si, dans le cas des liquides, on a toujours
, pour un solide,
n'est pas forcément positif.
Considérons un cristal en train de croître dans un milieu de pression
. Si, suite à une fluctuation, une portion du cristal croît plus rapidement qu'une autre, le rayon de courbure
à cet endroit diminue. La suite dépend du signe de
:
Il va alors se former des faces planes pour des
grands, c'est-à-dire au niveau des plans cristallins de bas indices de Miller. Entre ces facettes, on a des points anguleux.
Josselin Mouette