A Surfaces cristallines : facettes et terrasses

Considérons un solide que l'on clive : la formation de la surface est plus favorable au voisinage d'un plan cristallin de faibles indices de Miller. Une telle surface est dite vicinale.


\includegraphics[width=4.5cm]{ch9fig1}

Une surface vicinale apparaît comme une succession de terrasses de longueur $l$, séparées par des marches dont la hauteur est le paramètre de maille $a$. Globalement, la surface forme un angle $\theta\approx\cfrac{1}{n}$ avec le plan d'indice de Miller bas (qui est (01) sur le réseau cubique du dessin).

La tension superficielle de cette surface est $\gamma(\theta)$. L'énergie par unité de surface d'une terrasse (dans le plan $\theta = 0$) est donc :

$\displaystyle E(\theta) = \frac{\gamma(\theta)}{\cos\theta}.$     (9.1)

On introduit alors l'énergie par unité de longueur $\beta$ due à la présence d'une marche :

$\displaystyle E(\theta) = \gamma(0) + \frac{\beta}{l} = \gamma(0) + \beta \frac{\vert\theta\vert}{a},$     (9.2)

\includegraphics[width=3cm]{ch9fig2}

et on assimile approximativement $E(\theta)$ à la tension de surface :

  $\textstyle \gamma(\theta) = E(\theta)\cos\theta \approx E(\theta)$   (9.3)
  $\textstyle \boxed{\gamma(\theta) = \gamma(0) + \beta \frac{\vert\theta\vert}{a}}\,.$   (9.4)

\includegraphics[width=2cm]{ch9fig3}

La tension superficielle d'un solide cristallin est donc anisotrope. Plus précisément, le tracé de $\gamma(\theta)$ en coordonnées polaires possède un point angulaire en chaque valeur rationnelle de $\theta$, et celui-ci est d'autant plus profond que cette valeur correspond à de bas indices de Miller.

Cependant, à température non nulle, les fluctuations vont plus facilement faire se déplacer les atomes pour les surfaces dont les indices de Miller sont plus grands. Cela a donc pour effet sur la figure de gommer les points anguleux les moins profonds.

Josselin Mouette
2002-05-04