Sous-sections


B Cas des forces de Van der Waals

1 Expression de l'interaction

\includegraphics[width=4.7cm]{ch3fig3}

Considérons un constituant élémentaire de la matière (atome ou molécule), noté 1, qui possède un moment dipolaire $\vect{\delta P_1}$, ce moment dipolaire pouvant être permanent ou provenant de fluctuations quantiques du nuage électronique. Ce moment dipolaire génère un champ $\vect{E_1}(t)$ à l'emplacement d'un autre atome ou molécule noté 2, de polarisabilité $\alpha_2$. Ce champ induit un moment dipolaire pour 2 :

$\displaystyle \vect{\delta P_2} = \alpha_2 \vect{E_1} \propto \alpha_2 \frac{\delta P_1}{r^3}.$     (5.5)

Ce moment dipolaire crée lui-même un champ $\vect{E_2}$ au niveau de 1, induisant $\vect{\delta P_1}$.

Globalement, on a une énergie d'interaction entre 1 et 2 :

$\displaystyle u_{1/2}(r) \propto \delta P_1 E_2 \propto \frac{\delta P_1^2 \alpha_2}{r^6} \left( = \frac{\delta P_2^2 \alpha_1}{r^6} \right).$     (5.6)

Ainsi, même si $\langle \delta P_1 \rangle = 0$, l'énergie moyenne d'interaction est non nulle en moyenne, car $\langle \delta P_1^2 \rangle \neq 0$ (en fait, $\langle \delta P_1^2 \rangle$ est proportionnel à $\alpha_1$).

Cette énergie d'interaction est celle des forces de Van der Waals. Nous savons donc à propos de ces forces :

2 Calcul des interactions de surface

\includegraphics[width=3.5cm]{ch3fig4}

On commence par intégrer l'équation 5.2 :

$\displaystyle w_{plan_{1/2}}(r)$ $\textstyle =$ $\displaystyle \rho_1\rho_2 \int_r^{+\infty} 2\pi r' (1-\cos\theta)r'dr'\times\frac{-C}{r'^6}$ (5.8)
  $\textstyle =$ $\displaystyle -2\pi C\rho_1\rho_2 \int_r^{+\infty} \left(\frac{1}{r'^4} - \frac{r}{r'^5}\right)dr'$  
  $\textstyle =$ $\displaystyle -2\pi C\rho_1\rho_2 \left[ -\frac{1}{3r'^3} + \frac{r}{4r'^4}\right]_r^{+\infty}$  
  $\textstyle =$ $\displaystyle -2\pi C\rho_1\rho_2 \left(\frac{1}{r^3}-\frac{r}{4r^4}\right)$  
  $\textstyle =$ $\displaystyle -\frac{\pi C\rho_1\rho_2}{6r^3}.$ (5.9)

Puis on intègre l'équation 5.3 :

$\displaystyle W_{12}(D) = -\frac{\pi C\rho_1\rho_2}{6} \left[\frac{1}{2r^2}\right]_D^{+\infty}.$     (5.10)

On en déduit donc l'énergie d'interaction de Van der Waals par unité de surface entre deux surfaces parallèles :

$\displaystyle \boxed{W_{12}(D) = \frac{-A}{12\pi D^2}}$     (5.11)

3 Ordres de grandeur

$A$ est la constante de Hamaker, homogène à une énergie. Elle est de l'ordre de :

$\displaystyle A \simeq \alpha_1\alpha_2\rho_1\rho_2\,.$     (5.12)

Or, $\alpha_i$ est de l'ordre de $4\pi\varepsilon_0a_i^3$, où $a_i$ est la dimension atomique, et $\rho_i$ est proportionnel à $\cfrac{1}{a_i^3}$. Par conséquent, $A$ varie assez peu, et ce même quand les variations des autres caractéristiques du matériau sont importantes.

Les valeurs typiques de la constante de Hamaker sont :

Grâce à cette dernière propriété, l'étude des surfaces au contact de l'air ou d'une vapeur est assimilable à l'étude dans le vide.

Josselin Mouette
2002-05-04